13h45, stade d’Oyonnax, 2400 coureurs d’orientation attendent le coup de sifflet dont l’équipe Ensemble : Martine, Patrick en joëlette ; à pied, Valérie, Eric, Max, Sandrine, Bruno, David, Marine, Anne, Laurent, Sarah.
13h55, sur la ligne de départ, quatre joëlettes : “C’est à vous les joëlettes ! Vous êtes prêts ? 5…4…3…2…1…GO !” Il fait un cagnard d’enfer, nous faisons semblant de courir pour sortir du stade en pleine gloire dans le viseur des drones. A peine passés le portail, notre gloire fond instantanément au soleil et marchons en remontant les rues d’Oyonnax dans la foule des coureurs jusqu’au parc Nicod où nous reportons dans un travail d’équipe exemplaire les balises sur la carte : “Il faut d’abord lire à l’horizontal”, “Mais non, d’abord en vertical”, “Mais non, décale ta grille vers la droite”, “Ah non, je suis sûr que c’est vers la gauche”, “Vous n’êtes pas assez précis, faites attention, y’a une balise qui est placée à trois endroits différents sur les 3 cartes”.
Quinze minutes plus tard, nos 12 balises sont notées. Très satisfaits de nous-mêmes et pleins d’entrain, nous nous mettons en route vers la forêt. A la fontaine, Patrick et Martine pointent la première balise. Sûrs de nous, nous nous engageons sur le sentier de la première côte. Nous sortons les cordes. Nous ne savons pas encore à quel point nous faisons bien de sortir les cordes. 500 mètres de dénivelé vertical plus tard et cinq heures de marche plus tard, nous émergeons de la forêt dans une prairie magnifique et arrivons dans la lumière du couchant au ravitaillement (à 19h donc) : “Ah oui, vous avez eu du mal dans la côte… C’est vrai que la Montée de la Mort en joëlette, ça devait être difficile”. Ah oui … vous l’appelez la Montée de la Mort …quand même …“On vous prévient, on va couper par la route interdite pour arriver plus vite au bivouac”. Ils n’osent pas nous contredire. “Oui, oui, bien sûr”.
20h30, nous traversons le bivouac en vainqueurs dans un sitting ovation des 2400 coureurs. Moment très émouvant, on ne sentirait presque plus nos jambes.
Nos voisins de joëlettes nous racontent :
– “Tout s’est bien passé pour nous à deux détails près”.
– “C’était quoi les deux détails ?”
– “Les deux côtes”.
Éclat de rire. Nous ne sommes pas rancuniers mais ça vaudra au traceur un pichet de bière à Oyonnax. Nous ajoutons les six dernières tentes au village de tentes, maintenant complet, qui s’endort pendant que nous mangeons notre gamelle de pâtes. Deux trois bouts de tomme plus tard, nous faisons pareil.
5h du matin, la fanfare descend le campement. Les murmures et les rires parcourent les tentes. Très rapidement les zips résonnent dans tous les sens. Nous nous levons aussi malgré la petite nuit : nous comptons bien profiter de notre royal petit-déjeuner. 6h30, départ des marcheurs, nous ne nous sentons même plus concernés, nous finissons nos tartines. 7h30, nous partons à notre tour. Le soucis de la barrière horaire, nous l’avons piétiné la veille dans la Montée de la Mort quand nous avons refait la côte à vide pour retrouver la puce électronique perdue dans les fourrés. Avec succès, Max demandant à une marcheuse épuisée : “Vous n’auriez pas trouvé une puce dans la côte ?” A bout de souffle, elle s’arrête, pose sa main sur un rocher pour s’asseoir et surprise, relève immédiatement sa main vers Max : “Oh, ce ne serait pas ça que vous cherchez ?”
Le tracé, en ce dimanche matin, nous réserve encore quelques surprises, un dernier mur, deux chicanes, une série de marches d’escalier, nous ne commentons même plus, tout paraît roulant aujourd’hui. Et quelques discussions d’équipe : “je dirai que la balise 10 est sur le chemin de droite”. “Non, très cher, nous devrions prendre plutôt à gauche car …” “On s’en fiche de la balise 10 ! On prend le chemin qui rejoint direct la route !” Finalement, nous pointons la balise 10. 13h45, nous pointons la dernière balise sous le grand arbre remarquable. 14h, épuisés mais en joie, nous franchissons la ligne d’Arrivée ! Heureux de nos 24h tous ENSEMBLE dans les forêts du Haut Bugey.
C’est où la cantiiiiiiiiine ? On a faiiiiiim !
Épilogue : Nous passons la fin de journée chez nos jurassiens préférés, Anne et Laurent, pour partager un bon ptit dîner comme on les aime. Avec Eric et Laurent à la guitare. Et la Tendresse de Bourvil pour faire passer le 49.3 de la balise 10.





















































